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Comment prévenir la maladie de Lyme

Par Charles-Antoine WINTER avec l’aimable participation du Dr Paul Miara



La pratique du trail nous expose à croiser des tiques. Voir à en devenir une proie et possiblement une victime. Et oui, la petite bête peut parfois manger la plus grosse. Nous vous proposons de découvrir cet acarien et l’une des maladies qu’il transmet par sa morsure à l’humain, la borréliose ou maladie de Lyme.


1.     La tique et son écosystème

 

Les tiques sont présentes depuis des millénaires, ces organismes invertébrés font partie de tout un écosystème. Ils sont parmi les plus anciens arthropodes vivants aux dépens des hôtes vertébrés animaux et humains.

 

Avec des hivers très doux et des modifications des écosystèmes locaux, les tiques porteuses de la maladie de Lyme prolifèrent, ne connaissant plus de trêves hivernales (la tique est active entre +7°C et +28°C environ et un taux d’humidité d’au moins 75%) et s’étendent de plus en plus dans des zones auxquelles elles n’avaient pas accès jusqu’ici. C’est ainsi qu’on peut aujourd’hui en trouver dans de nombreuses zones géographiques : au bord de la mer comme en altitude où « on en trouve désormais jusqu’à 2000 m dans les Pyrénées contre 1000m avant. Les tiques conquièrent également les espaces semi-urbains, voire urbains, via les petits rongeurs ». » Mr Hecker, vice-président de France Lyme pour le magazine Consoglobe.

 

Ainsi, les traileurs sont particulièrement exposés et doivent impérativement connaitre les risques, utiliser des moyens de protection et surtout savoir quoi faire en cas de morsure de tique.

 

2.     Qu’est-ce que la maladie de Lyme ou borréliose ?

 

C’est une maladie transmise lors d’une morsure de tique elle-même infectée par des bactéries de la famille des spirochètes (Borrelia burgdorferi, B. garinii, B. afzelii) dont les réservoirs sont les mammifères sauvages ou domestiques. Une étude récente très alarmante a montré que la présence de la bactérie Borrélia chez les petits rongeurs des forêts d’Ile-de-France était de 54% ; pour les cervidés le taux était de 35%.

Toutes les tiques ne sont pas infectées et la morsure est fort heureusement souvent sans conséquences. Le pourcentage de tiques infectées est en constante progression et dépend des régions et des pays. En France elle est de l’ordre de 5% à 20%, en Allemagne et en Suisse les taux sont beaucoup plus importants (20% à 45%).

Cependant, la tique aussi bien à l’état de larve, de nymphe ou l’adulte femelle sont en capacité de mordre et donc de contaminer leur hôte.

 

Selon un communiqué du Ministre de la Santé de juillet 2018, le nombre de cas diagnostiqués par les médecins en France est passé de 104 cas pour 100 000 habitants en 2018 contre 69 cas pour 100 000 habitants en 2017.

En fait, la maladie de Lyme n’étant pas à déclaration obligatoire, les chiffres doivent être revus à la hausse. D’après certaines sources non officielles le nombres de cas annuels serait très largement supérieur à 100 par an. D’après le professeur Christian Perrone, chef du Service des maladies infectieuses de l’Hôpital de Garches, il faut tabler sur une fourchette de malades comprise entre 500 000 à 650 000 en France.

 

Ainsi, la maladie de Lyme est provoquée par des bactéries pathogènes transmises lors d’une morsure de tique infectée ; d’abord localisée au point de morsure, l’infection peut s’étendre à tout le corps ; sans traitement immédiat, les symptômes de la maladie s’installent et peuvent, selon les cas, devenir très invalidants.

 

Le premier signe à apparaitre après une morsure et aussi le seul qui soit attribuable avec certitude à la maladie de Lyme et qui démontre sa progression dans l’organis est « l’érythème migrant » en image ici. Cet érythème migrant peut s’étendre et même changer de couleur. Malheureusement le malade peut être infecté sans la présence de lésion cutanée.

Le diagnostic est souvent très compliqué et peut prendre parfois des années.

Comme l’explique le professeur Perrone, « les traces de morsures de tiques ne sont visibles que dans 30% des cas environ et la grande majorité des symptômes observés ne sont pas spécifiques à la maladie et peuvent être provoqués par de nombreuses infections ; c’est la raison pour laquelle le diagnostic clinique doit être confirmé par des examens biologiques sérieux qui ne doivent être effectués que 5 à 6 semaines après la piqure.

Si les examens sont faits trop tôt, on a le plus souvent des faux négatifs car les anticorps décelables par les tests ne sont pas encore en nombre suffisant.

 

Tour d’horizon des tests classiques :

  • Le test Elisa indirect « recherche d’anticorps ». Mais cette méthode est aujourd'hui considérée comme efficace dans à peine 50% des cas (voire moins en cas d'atteinte neurologique).

  • Le test Western-Blot « étude de la nature des anticorps identifiés par le test Elisa ». L’Association Lyme sans frontières (sur le blog du Sénat) souligne la fiabilité du test Western Blot Mikrogen : « Concernant le test Western Blott Mikrogen, il a, quant à lui,  été utilisé 500 000 fois en 2011 en Allemagne, et est reconnu actuellement comme le meilleur outil diagnostic en la matière. Il est à noter que ce test a été adopté et recommandé par le CDC d'Atlanta. Sa sensibilité est de 100% et sa spécificité de 92,5%, sa fiabilité de 99,5% selon le Professeur Ulrich de l'université de Munich, expert indépendant près des autorités sanitaires allemandes et mondialement reconnu. » D’autres tests plus sophistiqués peuvent être demandés.

 

3.     La maladie de Lyme évolue en 3 stades différenciés par le temps

 

STADE 1:

3 jours à un mois après la morsure d’une tique infectée.

Il débute par l’érythème migrant, sans aucune douleur car la tique repend un liquide anesthésiant de mordre. Cette lésion peut s’étendre rapidement au bout de quelques jours, mais elle peut disparaitre rapidement si un traitement efficace est prescrit immédiatement.

Environ 30% à 50% des personnes contaminées présentent ce signe distinctif et sans équivoque sur la contamination. Mais cela fait 50% à 70% des personnes mordues qui ne le sauront ou ne le verront pas ! En effet, elle est difficile à détecter si elle se situe dans les cheveux ou dans le dos.


STADE 2 :

Quelques semaines ou quelques mois après la morsure et il ne se développe qu’en l’absence d’un traitement efficace dès le premier stade.

Un sentiment de malaise s’installe avec des symptômes objectifs mais peu caractéristiques de la maladie qui peuvent se confondre avec une bonne grippe : une grande faiblesse, une fatigue profonde, des douleurs articulaires, des maux de tête, mal de gorge, des tendinites, des éruptions cutanées, de la fièvre, des frissons, des ganglions lymphatiques hypertrophiés. Des signes neurologiques comme l’engourdissement, les picotements et la paralysie du nerf facial peuvent également se manifester (signes également d’une déficience en vitamine B12 au passage).


STADE 3 :

On est entrée en phase chronique avec tous les symptômes qui s’aggravent. Ce stade survient lorsque l’infection n’a pas été traitée aux stades précédents et gagne du terrain sur les défenses immunitaires de son hôte. Ce statut de maladie chronique reconnue en juin 2018 par la Haute Autorité de Santé (HAS) permet au médecin d’envisager des traitements plus complexes pour soulager les malades de leur souffrance et trouver des solutions thérapeutiques susceptibles d’améliorer leur état.

Quelques signes cliniques au stade 3 : maux de tête sévères, arthrite, engourdissement, arythmies cardiaques, des troubles cognitifs (mémoire, concentration), troubles du sommeil.

Source : www.revmed.ch

 

 

4.     Les moyens de prévention

 

  • Prévention “sur le terrain”

La meilleure prévention est d’éviter que la tique arrive sur votre peau et ne vous morde ! Pour cela vous devriez :

      - vous renseigner sur l’état d’invasion de la zone géographique où vous progressez. Voici une carte informative de 2015. Cela date un peu mais le réseau Sentinelles n’a pas de carte à jour sur la répartition des cas déclarés de borréliose. Rappelons enfin que la maladie est mal diagnostiquée et que la déclaration par le médecin n’est pas obligatoire donc sa cartographie imprécise. Cependant l’INRA a créé l’application « Signalement Tique » afin d’avoir plus de retours terrain. À suivre donc et même participer.

      - rester sur les chemins, éviter les broussailles, les fougères, les herbes hautes et les feuilles mortes. Mais cela n’est franchement pas possible sur de nombreux parcours ! Il faudrait donc vous couvrir de vêtements plutôt clairs, recouvrant toutes les parties de votre corps et bien fermés aux chevilles et poignets. Et porter une casquette car les tiques sont pratiquantes de la chute libre !

Alors oui en automne et en hiver ! Mais en été à +30°C à l’ombre ? Seule solution les répulsifs !

      - utiliser des répulsifs surtout lorsque votre tenue est légère à cause de températures chaudes :

  • soit des répulsifs pour vêtements : ils sont pour la plupart à base de perméthrine, un insecticide, acaricide. Mais cet insecticide chimique de synthèse est un tueur d’abeilles et très toxique pour les poissons d’eau douce. Pour les amoureux de la nature que nous sommes il y a fort heureusement des répulsifs pour vêtements non toxiques à base de géraniol et huiles essentielles de thym et de sauge. On peut pulvériser chaussures, pantalons, chaussettes, sac de couchage, casquette… Cette application avec des répulsifs naturelles est à renouveler après chaque lavage, ou bain et douche sauvage ou pluie torrentielle.

  • soit des répulsifs pour la peau : ils sont surtout à base de DEET (diéthyltoluamide), un autre insecticide qui, en aout 2014 fait l’objet d’une étude qui montre sa toxicité pour l’Homme. « Le mode d’action du DEET est très comparable à celui des pesticides organophosphorés ou des carbamates, même si nous ignorons encore s’il s’attaque au même site sur l’acétylcholinestérase », décrypte Bruno Lapied qui conclut : « L’action du DEET est comparable à celle des pesticides » Extrait d’une interview pour consoglobe.com.


Là aussi je vous recommande donc des répulsifs naturels contenant du citriodol et/ou du géraniol. Cependant, songez à renouveler la pulvérisation toutes les 2h à 4h selon votre degré de transpiration.


Pour les connaisseurs, il est également possible d’utiliser l’huile essentielle de tea-tree dont les effets létaux sur les tiques ont été observés dans les études menées par le département des sciences animales de l’Université d’État de Santa Catarina et par la section de parasitologie de l’Université de Rome « La Sapienza ». En effet, sa composition riche en terpinèn-4-ol, alcool monoterpénique, pénètre les cellules et altère les membranes cellulaires et les constituants intracellulaires de la tique.

La lavande vraie, le clou de girofle et le lemongrass seront également intéressantes et formeront une belle synergie.

Pour une action répulsive, pensez à les diluer légèrement dans une huile végétale non photosensible, à raison de 5 gouttes d’huile essentielle pour une cuillère à café. En effet, les huiles essentielles sans huile végétale pénètrent le derme et diffusent dans l’organisme perdant leur effet répulsif en surface. L’huile végétale permet de maintenir les actions des huiles essentielles au niveau de la peau. Pour ma part, je pars avec un mélange huile d’olive, tea-tree et lemongrass.

 

Malgré toutes ces précautions, après un trail, prenez l’habitude de vous examiner ou vous faire examiner soigneusement tout le corps, ainsi que le cuir chevelu pour repérer d’éventuelles tiques. Il faut rappeler que cette inspection doit être très minutieuse, car les larves et les lymphes mordent également, mais leur dimension ne dépasse jamais le millimètre ! La tique adulte est plus grosse (2 à 3 mm) et peut, après un long repas sanguin, atteindre le centimètre. En rappelant enfin, que plus vous la détectez et la retirez tôt moins elle aura eu de temps pour vous transmettre la maladie.

 

  • Prévention sur votre terrain : votre système immunitaire

Votre système immunitaire doit être au top pour faire face à cette éventuelle infection qui profitera bien entendu de la moindre faiblesse pour gagner du terrain et vous mettre en danger.

Comme son nom l’indique, notre système immunitaire est un sytème complexe de synergie que je vais illustrer avec la vision de la médecine traditionnelle chinoise (MTC).

Toutes les surfaces de notre corps en contact avec le monde extérieur (peau, poumons et muqueuses digestives !) sont protégées par le Qi Défensif ou Wei Qi. Une « déclinaison » du Jing Qi ou Qi quintescentiel qui maintient en cohésion, en forme et en fonctionnalité le corps humain et finalement le monde de la matière.

Cette énergie défensive dépend du trio Rein/Rate/Poumon en MTC. À savoir que le Rein produit la moelle osseuse (site de production de nos globules blancs !), assure la réception du Qi du Poumon (oxygénation via la production d’érythropoïétine et augmentation du nombre de globules rouges dans le sang !) et emmagasine le Jing acquis ou « Qi des aliments » venant de la bonne digestion des aliments par la Rate et la consommation d’aliments nutritifs et protecteurs.

Une défaillance chez l’un et/ou l’autre de ces éléments et votre Wei Qi ou Qi Défensive ou système immunitaire sera défaillant !

 

Ainsi, pour renforcer et maintenir un système immunitaire à l’aide de la diététique, il faudrait dans sa vie de tous les jours et lors de ses phases d’entrainement :

·       Consommer des aliments riches en zinc comme la viande (surtout la volaille !), le poisson et les crustacés. Dans le règne végétal on en trouve beaucoup dans le gomasio, le germe de blé, les champignons shiitaké (reconnus pour stimuler l’immunité) et les légumineuses (riches en prébiotiques qui plus est). Et ces aliments sont reconnus depuis 2000ans comme ayant un tropisme pour le Rein ;)

·       Pour renforcer votre système immunitaire et optimiser l’assimilation des minéraux dont le précieux zinc, augmentez vos apports en vitamine C ! A savoir que la cuisson vapeur est une excellente solution qui rend les légumes crus plus digestes sans nuire de trop à la vitamine C. Et oui, la Rate a besoin d’une excellente mastication et parfois de 2 à 3 semaines sans crudités pour se renforcer et optimiser la production de Jing si précieux.

·       Consommer assez de glucides dans votre ration, les aliments glucidiques demi-complets (en dehors des courses et 3 jours avant), parfaitement cuits et bien mâchés permettant de renforcer la Rate donc votre assimilation donc une bonne nutrition du corps qui peut donc produire plus de moelle et mieux vous défendre. Qui plus est, ils sont vecteurs de magnésium, minéral extrêmement important pour faire face aux stress de la vie et des entrainements, le stress chronique étant un facteur d’épuisement du système immunitaire.

·       En cure de 4 semaines à renouveler 3 à 4 fois par ans, le ginseng nourrit le Jing Qi et est capable d’optimiser votre système immunitaire en régulant l’ensemble des cellules immunitaires (macrophages, cellules NK, lymphocytes…). L’échinacée purpura est également remarquable pour son effet immuno-stimulante en prévention.

·       L’ail et ses composants soufrés comme l’allicine, et l’oignon possèdent des effets immuno-stimulants, antioxydants, antifongique et anti-inflammatoires. Leur piquant et leur couleur justifient leur tropisme pour le Poumon, le maître du Qi, si important pour produire le Wei Qi.

·       Augmenter votre consommation de prébiotiques, fibres alimentaires nourrissant votre flore bactérienne en place et optimisant la symbiose microbienne.

 

À noter que selon votre volume d’entrainement et votre état de forme, prendre ces vitamines et minéraux en compléments alimentaires est plus qu’envisageable.  À savoir que le zinc (sous forme de picolinate ou de bisglycinate) et le magnésium (sous forme de citrate, glycérophospahte ou oxyde) ne seront pas pris ensemble mais tous deux avec la vitamine C (mini 500mg/j). Sans oublier la fameuse vitamine D3 si importante pour moduler les réponses immunitaires.

 

Enfin, votre hygiène de vie est très importante car votre système immunitaire ou système de défense est très sensible à toutes sortes d’agressions, physiques et/ou psychiques. Soyez donc attentifs et considérez comme alliés de votre entrainement :

·       Votre sommeil (la Rate n’aime pas que vous courriez comme un(e) dératé(e) aussi bien physiquement que psychiquement ! Il lui est attribué la santé des fonctions cognitives comme la mémoire optimale après une bonne nuit de sommeil par exemple !),

·       Votre vie sexuelle (en médecine chinoise une activité sexuelle excessive épuise le Jing Qi…l’énergie vitale… la petite mort…),

·       La qualité de l’air que vous respirez et votre degré de ventilation. Courir longtemps et sous des climats extrèmes épuisera votre Poumon avec assèchement et donc necessité de puiser de « l’eau » au Rein pour humidifié les muqueuses ce qui épuise le Rein, les liquides physiologiques et donc votre immunité et votre thermorégulation.

·       Votre épanouissement psychique,

·       Une alimentation brute et biologique, parfaitement mâchée surtout pour les crudités. La Rate ne supportant que difficilement le froid et l’humidité surtout si le surménage physique et psychique sont installés.

·       Une hydratation optimale jamais glacée et de préférence entre les repas. Il vaut mieux puiser dans des apports hydriques externes pour « lubrifier la machine, le système » que dans l’énergie du Rein.

·       Des phases de récupération avec des sports énergétiques comme le yoga ou le Qi Gong qui sont des méditations « actives » et tous leurs effets positifs sur la régulation des hormones du stress et donc le système immunitaire .

 

Une attention sur le fait de limiter tous les excitants comme le café, l’alcool, boissons énergisantes qui vident dans l’excitation la batterie Rein à l’inverse des stimulants que sont les plantes adaptogènes comme le ginseng, la maca, le cassissier en gemmothérapie. Et bien sûr limiter la consommation d’une alimentation déséquilibrée trop riche en viandes rouges, en produits laitiers et fromages, en friture, en produits ultra-transformés (on a vidé les aliments de leur Jing ! ou matrice) et en blé et ses dérivés.

 

5.     Zut, vous vous êtes fait mordre !


Comment extraire une tique ? En absence de tout signe clinique faut-il traiter de façon préventive ou ne rien faire ?

 

L’extraction de la tique doit se faire en principe grâce à un outil spécialement conçu « le tire tique ». Cet instrument très pratique est en vente dans la plupart des pharmacies. Il se présente comme un pied de biche miniature.

On glisse l’extrémité fendue sous la tête de la tique puis on tire le tire tique vers le haut en tournant pour décrocher l’acarien.

 



 

- une pince à épiler. Surtout, ne prenez que sa tête ou « pièces buccales » afin de ne pas écraser son corps ce qui risquerait de favoriser la régurgitation des bactéries (si elle est contaminée) qui se trouvent dans son abdomen et de vous contaminer.

- la méthode de la paille et du fil simple mais plus « compliquée » : La paille va servir de tuteur et de guide pour former un nœud avec le fil dentaire. Faites glisser votre nœud en bas de la paille jusqu’à l’endroit où la tique s’est accrochée. Positionnez le nœud sous l’abdomen de la tique afin que le nœud n’encercle que les pièces buccales. Serrez doucement le nœud afin que le fil encercle parfaitement les pièces buccales de la tique. Retirez la paille et tirer le fil vers le haut d’un geste régulier. Cette méthode ne sera pas adaptée à la taille des larves et nymphes.

 

Les méthodes à ne pas utiliser :

            - brûler la tique à l’aide d’un briquet ou d’une cigarette (mais cette dernière en trail vous tuera surement plus vite !)

            - appliquer de l’éther, de l’alcool, de la vaseline, de l’huile chaude ou tout autre produit chimique

            - extraire la tique avec les ongles.

 

 

Après le retrait de la tique, il est indispensable de désinfecter l’emplacement de la morsure à l’aide d’un désinfectant type alcool, Dakin ou de produit iodé comme la Bétaïne dermique. Il faut surtout surveiller attentivement la région de la morsure pendant 30 jours pour repérer l’apparition éventuelle d’un érythème migrant qui sera alors traité immédiatement (cf. « Les traitements »). À noter que la présence d’une petite zone d’érythème (0,5cm à 2 cm sans dédoublement) autour de la piqure après la morsure est souvent le résultat d’une réaction aux composés salivaires de la tique. Elle ne doit pas être confondue avec un érythème migrant.

 

En cas de morsure sans signe clinique manifesté dans les 30 premiers jours (ce qui correspondrait au 1er stade de la borréliose), faut-il traiter de façon prévention ou ne rien faire ?

C’est une question à laquelle il est difficile de répondre car les avis sont très partagés. Pour le Dr Miara, cela dépend de deux facteurs qu’il faut savoir évaluer avant de prendre une décision :

·       Si la personne piquée est affaiblie avec des défenses immunitaires faibles il est préférable d’envisager un traitement (antibiothérapie) immédiat, sans attendre l’apparition des troubles.

·       Le deuxième facteur à prendre en considération concerne la zone géographique : si vous habitez dans une zone connue pour être fortement infectée par la borrelia, il est préférable de traiter immédiatement. Si vous résidez dans une région peu affectée et que vous ne constatez aucun signe clinique il semble plus logique d’attendre et de n’envisager un traitement que si l’érythème migrant ou d’autres symptômes évocateurs apparaissent.

 

Rappel important : Pour des efforts d’endurance de plus de 90 minutes à plusieurs jours, notre organisme, pour tenir le coup, produit une quantité importante d’hormones du stress que sont l’adrénaline et le cortisol. Celles-ci, associées à une acidose et un état inflammatoire se généralisant (dont l’hyperperméabilité intestinale), induit un affaiblissement des défenses immunitaires (diminution des neutrophiles et des lymphocytes (cellules de type B)) à court ou long cours. Et il est bien établit que cet état d’affaiblissement peut perdurer plusieurs semaines après la fin de la course.

Ainsi, selon l’intensité et la durée de vos efforts et votre état immunitaire d’avant course, une morsure de tique, d’autant plus si vous êtes en région à risque, nécessite un traitement immédiat.

 

6.     Les traitements

 

Après une morsure de tique, si on constate la présence d’un érythème migrant ou si nous sommes en zone à risque et affaiblit, il faut mettre en place au plus vite une antibiothérapie, remède officiel et international face à cette maladie :

·      La première intention de votre médecin sera une antibiothérapie journalière composée de 200 mg de doxycyline, de 6 g d’amoxicilline, de 2 g de ceftriaxone en IV, de 200 mg de minocycline et de 600 mg de lymécycline pendant 3 semaines voir un mois si il existe des signes cliniques associés, insiste le Professeur Perrone.

·      D’autres méthodes de traitements alternatifs peuvent et doivent venir compléter l’antibiothérapie classique surtout si la maladie n’est détectée qu’aux stades 2 et 3 où les protocoles d’antibiotiques ont une efficacité diminuée et peuvent même conduire à une forme chronique de la maladie. En effet, l’antibiothérapie est bien connue pour nuire et dégrader notre flore intestinale, alliée reconnue de notre immunité.

J’aimerais enfin rappeler que l’antibiothérapie massive (jusqu’à 4 molécules différentes dans le protocole contre Lyme) et prolongée peut favoriser l’antibiorésistance et le risque iatrogène.

 

Qui dit antibiothérapie dit probiotiques me direz vous !

 

Et bien rien n’est moins sûr selon une étude israélienne de septembre 2018 où les patients suivant une cure de probiotiques (11 souches différentes) avec l’antibiothérapie retrouvaient leur microbiote initiale bien plus tard après ceux sans probiotiques (6 mois contre 3 semaines !). Les souches probiotiques s’implantaient au point de ralentir le retour à l’équilibre du microbiote initial…

 

L’approche la plus pertinente serait donc de nourrir tous les jours de prébiotiques votre microbiote (la prévention encore et toujours !) et de les réintroduire délicatement après l’antibiothérapie.

Et bien sûr de soutenir votre système immunitaire en interne avec des complexes en vitamines, minéraux, antioxydants et huiles essentielles. De plus cette étude confirme l'interaction positive entre l'antibiothérapie et les huiles essentielles !

 

Où trouver des prébiotiques :

Ce sont des sucres non digestibles de la famille des fibres solubles qui ont pour noms : l’inuline, les fructo-oligosaccharides (ou FOS), les galacto-oligosaccharides (ou GOS) et le lactulose.

Sources alimentaires de prébiotiques

Légumes

Artichaut, asperge, betterave, brocoli, chicorée, chou, échalote, endive, fenouil, haricot vert, oignon, panais, pissenlit, poireau et topinambour.

À noter que la version lactofermentée associe prébiotiques et probiotiques.

Fruits

Ananas, banane, châtaigne, cerise, coing, baies (framboise, fraise, myrtille, mûre), fruits secs (abricot, raisin, pruneau, figue, datte), kaki, mangue, nectarine, pamplemousse, pêche, poire, pomme et la tomate.

Céréales

Avoine, blé, orge et seigle

À noter en version demi-complète pour le blé qui est très irritant.

Oléagineuses

Amandes, lin, pistaches et noix

À noter que le lin se laisse tremper une nuit dans un verre d’eau et l’ensemble se boit le lendemain et que les amandes gagnent à tremper une nuit également pour être plus digestes.

Légumineuses

Flageolet, haricot noir, haricot rouge, lentilles, pois chiche.

À noter que la version prégermée les rend plus digeste et sans facteurs antinutritionnels dont se passera votre organisme affaibli et/ou infecté.

 

Une autre alternative à l’antibiothérapie malmenant notre flore intestinale, notre système immunitaire et perdant en efficacité ?


Les huiles essentielles bien sûr ! Elles sont idéales pour lutter contre la maladie de Lyme avec une puissance antibactérienne à large spectre confirmée et, pour les huiles essentielles d’origan compact, de cannelle, de clou de girofle, de citronnelle, de menthe et d’ail, une efficacité supérieure à la daptomycine. À des doses très faibles présentes dans des capsules d’huiles essentielles accessibles en pharmacie…

Elles ont également des propriétés antivirales, antioxydantes et antiinflammatoires et l’avantage précieux de ne pas nuire à votre microbiote, voire même de le renforcer. De nombreux atouts pour accompagner et soigner la forme chronique de la maladie qui provoque et/ou génère l’immuno-déficience.

Enfin, la borréliose forme des biofilms résistants aux traitements antibiotiques, ce que l’huile essentielle d’origan compact est capable de dégrader.


Je pars donc toujours avec les Oléocaps n°1 ou n°2 de la marque Pranarom, des complexes d’huiles essentielles dont celles mentionnées ci-avant. Ainsi, en cas de morsure sur des sorties longues j’ai de quoi agir de suite.

Et en cas de sortie en zone à risque je commence une cure 3 jours avant ma course. Vous aurez toute la puissance des huiles essentielles mentionnées mais sans les inconvénients de l’antibiothérapie.

Cependant et je finirais ici, testez votre tolérance digestive à ces capsules en entrainement et idéalement, en cas de sensibilité, consommez-les avec de la banane qui protègera vos parois gastriques.

 

 

 

Sites à consulter :

·       Minsitère de la santé, rubrique maladie d eLyme

·       Association France Lyme

·       Maladie Lyme Traitements

·       Association Lymepact

·       Le Relais de Lyme

 

Livres référence :

·       «  La vérité sur la maladie de Lyme » du Professeur C.Perrone

·       « Lyme les solutions naturelles » de J.Albertat

·       « Soigner Lyme et les maladies chroniques inexpliquées » de R.Horowitz

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