Zoom sur un désagrément digestif grandissant : le reflux gastro-oesophagien.



Nous avons tous de temps en temps des rots ou des reflux alimentaires. Ces évènements occasionnels, sans régularité, ne sont pas inquiétants. Manger trop vite, boire glacé, mâcher insuffisamment, être stressé ou faire un effort le ventre plein en sont bien souvent la cause.

Le reflux gastro-œsophagien ou RGO désigne la dérive pathologique du reflux physiologique. On découvre sa tournure pathologique à l’apparition de douleurs, symptôme qui signifie que le reflux devient chronique, fréquent et gagne en intensité.


Le RGO signale une défaillance de notre système anti-reflux et le plus souvent le manque d’étanchéité ou le relâchement anormale du sphincter œsophagien inférieur ou SOI. Cette maladie est à diagnostiquer rapidement car elle provoque souvent une dénutrition par manque d’appétence et d’apports nutritionnels. Puis à son stade le plus avancé elle multiplie par 50 à 100 le risque de développer un cancer de l’œsophage.


À noter que le RGO n’est pas dû à une augmentation de l’acidité de l’estomac ! L’acidité n’est pas la cause d’un RGO mais la cause du symptôme. D’ailleurs, de façon contradictoire à la théorie classique, de nombreuses études montrent que la sécrétion d’acide de l’estomac diminue avec l’âge alors que parallèlement l’incidence du RGO augmente.


1. Suis-je concerné par cette pathologie croissante et souvent mal diagnostiquée ?


Voici des symptômes caractéristiques d’un RGO :

· Des sensations de brûlures au niveau du plexus solaire puis entre les omoplates.

· Un mal de gorge chronique sans fièvre.

· Des extinctions ou modifications régulières de la voix .

· Une toux sèche surtout la nuit et/ou en position allongée.

· Une bronchite chronique ou de l’asthme.

· Une sensation de gêne ou de blocage ressentie au moment de la déglutition (dysphagie).

· Une sensibilité dentaire accrue (par érosion de l’émail dentaire pour les RGO les plus intenses).


2. Quelles sont les causes d’un reflux gastro-œsophagien ?


Elles sont multiples et peuvent se cumuler.

· Les causes mécaniques : Notre barrière anti reflux ne saura résister longtemps à une pression ascendante poussant le contenu de l’estomac vers le haut. Cela sera le cas en cas de :

· Hernie hiatale ou rétrécissement du diamètre du pylore, porte de sortie gastrique du bol alimentaire

· Grossesse (surtout au 3è trimestre)

· Surpoids ou d’obésité

· Mauvaises postures pendant et après les repas

· Activités physiques et sportives l’estomac plein

· Repas gargantuesques (surtout avec un excès de graisses et d’acidité)


· Les causes chimiques : On pense ici aux causes médicamenteuses, aux drogues (tabac et sa nicotine, alcool) et aux résidus de pesticides chimiques de synthèse (substances anticholinergiques).

· Les causes nerveuses : On pense ici aux stress physiques (activités physiques, grossesse, hypoglycémies…) et psychiques (émotions, surmenage mental...).

· Les causes alimentaires : En effet, certains aliments et préparations ralentissent la vidange gastrique et/ou irritent les muqueuses œsophagiennes et gastriques et/ou favorisent les hypoglycémies et la prise de poids qui s’ajoute comme cause mécanique. Les allergies et hypersensibilités alimentaires (lactose, caséine, gliadine, histamine…) sont des causes régulières de RGO.


3. 13 règles d’Or pour prévenir ou soulager voir soigner un RGO


1. De petits volume de liquides au cours des repas.

De 30 minutes avant le repas à 1h après la dernière bouchée, ne consommez pas plus de 150 ml de liquides. Cela correspond à la moitié d’un verre à jus, à un gobelet, au 2/3 d’un bol ou un ballon à ras bord.


2. Mastiquer assidument.

Mastiquez et insaliver 30 fois les aliments cuits (cuidités) et 50 à 80 fois les aliments crus (crudités).

« Mâchez vos liquides et buvez vos aliments » a dit Gandhi.


3. Fractionner les repas.

Chez certains d’entre vous, même des repas équilibrés peuvent être trop volumineux pour votre estomac et favoriser un RGO. En plus d’une parfaite mastication, il s’agit donc d’assurer vos apports nutritionnels en les fractionnant sur 3 repas et 1 à 2 collations.


4. Manger au calme et en calme.

En plein stress, réel ou ressenti, votre tube digestif voit sa motilité diminuée; ses sphincters contractés et l’arrêt de production des sucs digestifs. En résumé votre digestion est stoppée ! C’est la « boule dans la gorge ».


5. Se tenir à la verticale lorsque l’estomac est plein.

Pendant vos repas et jusqu’à 2h (cela dépendra de votre repas) après votre dernière bouchée ou gorgée, tenez-vous à la verticale afin de profiter des lois de la pesanteur et de faciliter votre travail digestif.


6. Éviter certaines associations alimentaires.

Les repas trop compliqués, trop copieux, trop gras et trop arrosés (liquides en tous genres) séjourneront trop longtemps dans votre estomac en favorisant en plus le relâchement du SOI.

D’autre part, évitez les fruits crus en fin de repas.


7. Choisir une alimentation issue de l’agriculture biologique.

L’alimentation biologique est à ce jour la seule à nous garantir la non-utilisation de pesticides de synthèses par ses agriculteurs et donc à fortiori l’absence (ou presque) de ces produits toxiques pour l’Homme. Cela se confirme par ailleurs dans les analyses des denrées alimentaires bio avec nettement moins de résidus phytosanitaires dans et sur les fruits et légumes bio (1) (2).

En effet les biocides de synthèse agissent en tant que perturbateurs endocriniens et participeraient à l’épidémie d’obésité que l’on connait (3). De plus certains sont des substances anticholinergiques avec pour effets d’inhiber la fermeture du SOI et donc de faciliter et entretenir le RGO.

Enfin, les aliments issus de l’agriculture biologique possèdent 35% d’antioxydants en plus ! (2) Ces mêmes antioxydants indispensables pour lutter contre le cercle vicieux de l’inflammation œsophagienne).


(1) EFSA, The 2009 European Union Report on Pesticide Residues in Food - 2011

(2) Carlo Leifert & al. « Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses on 343 publications », British Journal of Nutrition – Septembre 2014

(3) Prospective association between consumption frequency of organic food and body weight change, risk of overweight or obesity: results from the NutriNet-Santé Study

Emmanuelle Kesse-Guyot (a1), Julia Baudry (a1), Karen E. Assmann (a1), Pilar Galan (a1) Serge Hercberg (a1) (a2) et Denis Lairon (a3) – Février 2017


8. Tenir un journal alimentaire et devenir un « diétéctive » privé !

Pour vous et pour votre médecin et/ou diététicien, il est très important que vous analysiez la composition des repas qui précédent vos épisodes de RGO.


9. Retrouver et maintenir votre poids de forme.

Votre poids n’est pas forcément le repère le plus important. Je vous invite surtout à prêter attention à la répartition de votre masse grasse. La répartition au niveau de la taille est la plus nocive pour votre RGO et bien d’autres pathologies.


10. Traiter la constipation.

C’est ici une question de pression ! La constipation nécessite souvent de « pousser à la selle » (on parle de dyschésie) et cela augmente le gradient de pression dans l’estomac et favorise le RGO.


11. Soigner les toux.


12. Se gainer.

En renforçant, en étirant, en stimulant votre diaphragme et l’ensemble de vos muscles de gainage, vous évitez le risque de béance hiatale, vous stimulez la fonte adipeuse abdominale et vous retrouvez un ventre tonique et plat. "Le grand livre de l'alimentation antireflux" contient plusieurs exercices pour vous y aider !


13. Vérifier vos traitements médicamenteux.

Les médicaments anticholinergiques interfèrent sur le système nerveux centrale avec pour effet de favoriser l’ouverture du SOI, d’inhiber la sécrétion d’acide dans l’estomac ainsi que sa vidange et d’inhiber la production de salive ! Pour faire simple ils réunissent toutes les conditions pour favoriser l’apparition et la persistance d’un RGO !

On y retrouve des antihypertenseurs, des diurétiques, des agents cardiovasculaires, des antidépresseurs, des anxiolytiques (tranquillisants), des antiépileptiques, des antitussifs, des anti-histaminiques (dont certains sont utilisés comme somnifères), des antibiotiques, des médicaments pour le traitement du glaucome et des incontinences urinaires.


Si vous souhaitez plus de recettes pour soulager ce désagrément, je vous invite à découvrir mon dernier livre "Mes petites recettes magiques anti-reflux" aux éditions LEDUC. Il est commandante partout !



Au menu :


  • Le reflux gastro-oesophagien en 10 questions-réponses : c’est quoi ? Quelles sont ses causes ? Quelles sont les stratégies alimentaires pour le soigner ?…

  • Les meilleurs aliments anti-reflux : carotte, courgette, amande, poire, poulet, oeuf, poissons, yaourt… et ceux à éviter.

  • 100 délicieuses recettes : taboulé des pharaons, lasagnes de butternut, brochettes de crevettes, gigot d’agneau aux petit navets, energy balls, crème Winter…


100 recettes pour en finir avec les reflux alimentaires

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